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Mot du Provincial

Historique

Mission et esprit

Sigle

350e anniversaire de l'arrivée des Sulpiciens à Montréal - Brochure descriptive des activités du 3 juin au 28 octobre 2007pdf 3.10mb

Mémoire à la Commission de la culture, Patrimoine religieux du Québec

 

 
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Historique

La Compagnie des Prêtres de Saint-Sulpice au Canada

M. Jean-Jacques Olier
Jean-Jacques Olier
L'origine de la Compagnie est intimement lié au grand mouvement d'évangélisation et de rénovation chrétienne qui s'est développé en France au XVIIesiècle, et plus immédiatement à l'activité missionnaire et pastorale de Jean-Jacques Olier.

Disciple de Monsieur Vincent et du Père de Condren, Jean-Jacques Olier (1608-1657) prend part aux « missions » organisées par eux en France. Il constate que cet effort apostolique serait sans lendemain sans une réforme du clergé. Sur le conseil du Père de Condren, il renonce à l'épiscopat qu'on lui offre pour s'orienter vers l'oeuvre des séminaires. En effet, il se sent alors appelé à « porter la contemplation dedans le sacerdoce ».

En décembre 1641, avec deux autres prêtres, il fonde à Vaugirard, alors village proche de Paris, une maison de formation qui reçoit les jeunes qui se préparent à devenir prêtres. Nommé quelques mois plus tard curé de la paroisse Saint-Sulpice, il transporte cette petite communauté à Paris, près du presbytère. D'autres prêtres se joignent à lui pour le service du séminaire et de la paroisse. Dès lors, on donne aux membres de l'équipe de formateurs le nom de Messieurs de Saint-Sulpice ou encore de sulpiciens. Ainsi, naît la « Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice ».

Dans la pensée de Jean-Jacques Olier, cette petite Compagnie devait se limiter à un groupe de prêtres peu nombreux liés non par des voeux, mais par la charité sacerdotale et le don d'eux-mêmes au service de la formation des prêtres. Ils devaient être animés d'une vie spirituelle caractérisée tout à la fois par l'esprit apostolique, le sens de l'adoration et la vie intérieure. Le séminaire constitue avant tout une communauté où les distances sont abolies autant que possible entre les candidats au sacerdoce et les éducateurs; ceux-ci sont avant tout des éducateurs spirituels exerçant le ministère de la direction.

Vieux séminaire de Saint-Sulpice - Montréal
Vieux séminaire de Saint-Sulpice, attenant à la Basilique Notre-Dame de Montréal. Résidence des Sulpiciens depuis 1687
Le supérieur du Séminaire s'intéresse beaucoup à la colonie de Nouvelle France en Canada. En 1639, il est un des fondateurs de la Société Notre-Dame de Montréal qui se donne comme objectif : établir une colonie à Ville-Marie (Montréal) en 1642 et évangéliser les Amérindiens. Peu de temps avant sa mort, en 1657, Monsieur Olier, envoie à Montréal 4 sulpiciens qui prennent la succession des pères jésuites et assurent le ministère dans la ville naissante. Gabriel de Queylus est le supérieur de cette petite équipe qui prend charge de la paroisse urbaine Notre-Dame à laquelle s'ajouteront par la suite 11 paroisses rurales dans l'Île de Montréal. Le culte de la Vierge en honneur dans la Compagnie amène les sulpiciens à prendre en charge deux Chapelles consacrées à Marie :
  • En 1670, la Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours située près de l'Église Notre-Dame
  • Puis en 1881, la Chapelle Notre-Dame-de-Lourdes, voisine de l'Église Saint-Jacques dans la paroisse urbaine du même nom érigée en 1904 et desservie par Saint-Sulpice

La Société Notre-Dame contracte des dettes considérables et, dès 1663, elle doit céder la Seigneurie de l'Île de Montréal à la Compagnie de Saint-Sulpice. La fortune familiale du supérieur général de l'époque, Monsieur de Bretonvilliers, lui permet d'accepter ce don onéreux et d'honorer ces créances. Cependant, un siècle après la conquête de la Nouvelle France, l'administration anglaise met fin en 1859 au régime des Seigneuries.

À compter de 1668, plusieurs sulpiciens vont au loin évangéliser les Amérindiens : les Iroquois à la baie de Kenté, au nord du lac Ontario, puis les Micmacs en Acadie, les Iroquois sur l'emplacement actuel d'Ogdensburg dans l'État de New York et enfin les Algonquins en Abitibi et au Témiscamingue.

Il faudra attendre 1840 pour qu'à la demande de Mgr Ignace Bourget, évêque de Montréal, les sulpiciens fondent le Grand Séminaire de Montréal. À ce jour, plus de 6 000 prêtres ont été formés dans cette maison. En 1888, s'ouvre à Rome le Collège Pontifical Canadien qui accueille les prêtres étudiants dans les universités romaines.

Pour répondre aux besoins scolaires du milieu, Saint-Sulpice fonde également à Montréal deux collèges classiques qui, aujourd'hui encore, poursuivent leurs activités sous la gouverne de corporations privées distinctes de la Compagnie. Dès 1767, Monsieur le curé Curatteau, p.s.s., fait oeuvre de pionnier et ouvre le Collège de Montréal dans son presbytère de la Longue-Pointe. Cet établissement emménage en 1861 dans un bâtiment voisin du Grand Séminaire et devient en 1968 une institution d'enseignement secondaire. Puis en 1927, le Collège André-Grasset s'établit dans le nord de Montréal et accueille ses premiers étudiants. En 1970, il adopte la nouvelle formule du cégep et offre un curriculum préparatoire à l'Université de même que quelques programmes techniques.

Par la suite, au Canada et à l'étranger, on assiste à la reprise du mouvement missionnaire. La Compagnie assume la direction de plusieurs séminaires qui se consacrent à la formation des prêtres :

  • En plusieurs maisons qui ont disparu ou que Saint-Sulpice a quittées :
    • Dans l'Ouest canadien
      • St-Boniface au Manitoba (1954-1968)
    • Au Congo
      • Kinshasa (1968-1972)
    • En Amérique centrale
      • Guatemala (1967-1970)
      • Panamá (1977-1988)
    • En Colombie
      • Bogotá (1960-1980)
      • Zipaquirá (1981-1999)
      • Manizales (1950-2004)
    • Au Brésil
      • Londrina (1994-2002)
  • En d'autres institutions où se poursuit l'oeuvre sulpicienne de formation :
    • Au Japon
      • Fukuoka - 1933
    • En Colombie à compter de 1950
      • Cali - 1981
      • Cúcuta - 1986
    • Au Brésil à compter de 1976
      • Brasília - 1976
      • Crato - 2004
    • Dans l'Ouest canadien
      • Edmonton - 1990

En 1972, on constitue une Délégation provinciale pour l'Amérique latine. Elle a son siège à Bogotá, capitale de la Colombie. En décembre 2004, la Province canadienne de Saint-Sulpice compte 110 membres : 66 canadiens, 37 colombiens et 7 japonais.


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