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Biographie de Monsieur le Cardinal Paul-Émile Léger, p.s.s.

P. É. Léger



Leger
© 2010 Les Prêtres de Saint- Sulpice de Montréal


Né le 25 avril 1904 (et baptisé le 26) à Valleyfield, fils d’un marchand général, il fit ses études primaires à St-Anicet, ses études classiques au séminaire de Ste-Thérèse (1916-1925, avec 4 années d’interruption pour cause de maladie durant lesquelles il occupa des emplois de mécanicien, de cheminot et de boucher), ne resta que quelques mois au noviciat des Jésuites de Sault-au-Récollet, qui le jugèrent trop émotif, et fit sa théologie au grand séminaire de Montréal (L.Th., 1929). Ordonné prêtre le 25 mai 1929 par Mgr Gauthier, archevêque titulaire de Taron et coadjuteur de Montréal, il entra chez les Sulpiciens, fit son noviciat à Issy-les-Moulineaux près de Paris (1929-1930), puis étudia le droit canonique à l’Institut catholique de Paris (L.D.C., 1931). Nommé professeur de droit canonique au séminaire St-Sulpice de Paris, puis en 1932 assistant-maître des novices, il fut envoyé en septembre 1933, peu après son retour au Canada, fonder le séminaire sulpicien de Fukuoka au Japon, afin d’assurer la formation d’un clergé autochtone. Grâce à sa rapide maîtrise de la langue japonaise, il put y enseigner la philosophie et faire du ministère à la paroisse d’Omuta. De retour au Canada à cause de la guerre en 1939, il enseigna la sociologie au Séminaire de philosophie et l’apologétique à l’Institut Pie XI puis, quittant provisoirement les Sulpiciens, passa au diocèse de Valleyfield à titre de vicaire général (1940), tout en assumant la cure de la cathédrale et étant membre du chapitre (1941-1947). Il fut nommé prélat domestique le 29 septembre 1942 et, ayant réintégré la Compagnie, devint recteur du Collège Canadien de Rome en 1947.

Élu le 25 mars 1950 archevêque de Montréal, il fut sacré le 26 avril dans la basilique romaine de Ste-Marie-des-Anges par le cardinal Piazza, secrétaire de la S.C. Consistoriale, assisté de Mgr Roy, archevêque de Québec, et de Mgr Weber, évêque de Strasbourg, prenant possession de son siège le 17 mai. Il reçut le pallium le 2 mai 1951. Créé cardinal prêtre au consistoire secret du 29 novembre 1952, il reçut la barrette le 12 janvier 1953 au titre de S. Maria degli Angeli, et prit une part active au Concile Vatican II. Membre en 1961 de la Commission centrale préparatoire, en 1962 de la Commission doctrinale, en 1963 de la Commission de droit canonique, il fit plusieurs interventions remarquées au cours des différentes sessions sur la liberté religieuse, la réforme liturgique, l’apostolat des laïcs, la révélation, la charge pastorale des évêques, le mariage, la vie consacrée, les rapports avec le judaïsme et les religions non chrétiennes. Sa démission, annoncée le 9 novembre 1967, fut officiellement acceptée le 20 avril 1968.

Il avait quitté Montréal le 11 décembre 1967 pour se rendre à Dakar (Sénégal) et Cotonou (Dahomey), afin de visiter les centres anti-lèpre assistés par « Fame Pereo », et se consacra finalement aux soins des lépreux, puis des enfants handicapés à Étang-Ébé dans le diocèse de Yaoundé au Cameroun, où il mit sur pied une quarantaine de projets. Il retourna au Canada d’octobre 1969 à janvier 1970 pour recueillir des fonds, sa gestion souvent improvisée et sa générosité incontrôlée ayant entraîné de sérieux problèmes financiers. Revenu au Canada en 1973, dépressif, un peu malade, doutant parfois du bien-fondé de ses nouvelles orientations et privé de l’administration de ses oeuvres à cause de son manque de rigueur, déçu dans ses espoirs d’oeuvrer à Rome, il se retira au couvent des Soeurs de Ste-Anne de Lachine. Curé de la paroisse Ste-Madeleine-Sophie-Barat (Ahuntsic) de Montréal en décembre 1974, il démissionna après quelques mois, fut brièvement vicaire à la cathédrale Marie-Reine-du-Monde, et retourna en 1976 en Afrique, où il fut aumônier d’une communauté religieuse féminine. Malade, il prit sa retraite en août 1979, et se retira à Montréal tout en ne cessant pas durant ces années de poursuivre son oeuvre caritative en faveur du Tiers-Monde: visite des camps de réfugiés cambodgiens, laotiens et vietnamiens en Thaïlande en 1980-81, fondation d’un hôpital pour les lépreux aux Indes en 1982 et à Haïti en 1985. Il habita le vieux séminaire St-Sulpice de la Place d’Armes à partir de juillet 1984, et vécut les 2 dernières années de sa vie en chaise roulante. Il mourut d’une pneumonie à l’Hôtel-Dieu de Montréal le 13 novembre 1991. Ses funérailles furent célébrées le 16 par Mgr Turcotte, archevêque de Montréal, dans l’église Notre-Dame, et il fut inhumé dans la crypte de la basilique Marie-Reine-du-Monde.

Personnalité complexe et contrastée (« à la fois fragile et spectaculaire », comme le décrivait le P. Benoît Lacroix, o.p.), évêque au cheminement surprenant, plus humble et moins sûr de lui qu’on ne l’a dit, leader possédant un charisme certain mais ne résistant pas toujours aux tentations du vedettariat, d’une mémoire phénoménale, impulsif, trouvant difficile de travailler en équipe, excellent orateur (bien que parfois grandiloquent) et de plus, homme de la parole (il avait prêché le Carême à Notre-Dame dès 1941 et évaluait lui-même à quelque 5000 le nombre d’allocutions prononcées au cours de son épiscopat), il fut très conscient de son rôle de docteur. Il s’attacha d’abord à la réforme morale. Il combattit le laxisme du cinéma, des journaux à sensation et des cabarets, entreprit la croisade radiophonique du Chapelet en famille en 1950, créa le Service diocésain de cours sur la Bible en 1951, la Commission diocésaine d’oecuménisme en 1962, convoqua le synode diocésain de 1954 (salariat du clergé, réorganisation de la curie diocésaine), et lança la Grande Mission de 1960. Il fut à titre de cardinal membre des congrégations de la Consistoriale (1963), des Sacrements, des Rites et de la Fabrique de St-Pierre (1966), de l’Évangélisation des peuples (1972), de la Commission pontificale pour la pastorale du tourisme (1972), et représenta l’épiscopat canadien au Synode de 1967. Il se fit le défenseur de la dignité humaine, ayant toujours démontré un souci réel à l’égard des défavorisés (fondation du Foyer de la Charité en 1951, de l’hôpital St-Charles-Borromée en 1955, de l’Institut « Fame Pereo » en 1962, du Secours aux aînés en 1986), et reçut en 1969 le prix de la Banque Royale en reconnaissance de services humanitaires, et en 1980 le prix Pearson pour la paix. Il fut président de la CÉCC de 1951 à 1953. Il était le frère de Jules Léger, gouverneur-général du Canada de 1974 à 1979, et créa le 18 décembre 1981 la Fondation Jules et Paul-Émile Léger consacrée aux oeuvres de bienfaisance, à laquelle il légua tous ses biens.

On a fait ressortir avec raison la profonde évolution de son épiscopat sous l’effet conjugué de Jean XXIII et du Concile: d’abord pasteur à la romaine, autoritaire, traditionnel, clérical, méfiant à l’égard de la nouveauté, puis évêque davantage à l’écoute, moins attaché aux vieilles formules, certainement plus compréhensif et des hommes et de la société, reconnaissant que l’Église ne pouvait plus exercer de rôle de suppléance, et confiant de plus en plus de responsabilités aux laïcs. Exploitant le culte de la personnalité et opportuniste pour les uns (« il s’est toujours rangé du côté du pouvoir, de la réaction et du cléricalisme » écrivait Daniel Latouche dans Le Devoir du 23 novembre 1991), précurseur et l’un des pères de la Révolution tranquille pour les autres, on doit reconnaître que, s’il n’a jamais joué le rôle de locomotive dans l’évolution des institutions et n’a pas été le créateur d’une société nouvelle en allant systématiquement au devant du changement, il a joué un rôle de conciliation. On doit lui rendre cette justice que sa souplesse à cette époque a permis l’économie d’affrontements stériles avec l’État, qu’il a refusé de faire de l’Église une force de blocage social et de l’enfermer dans des attitudes réactionnaires, et qu’il a ainsi contribué à la décléricalisation de la société, et au passage d’une Église de chrétienté à une Église de service. Son attitude dans les dossiers de la sécularisation de l’Université de Montréal, du pavillon chrétien de l’Exposition 67 et des Insolences du Frère Untel prouve qu’il était plus ouvert que bien d’autres de ses collègues dans l’épiscopat. Sa démission et son départ pour l’Afrique furent sans doute autant le fruit du découragement, de la dépression et de la lassitude que celui d’une préoccupation, d’ailleurs très sincère, pour le Tiers-Monde. Cette expédition missionnaire lui valut de toute façon autant de douleurs que de consolations, parce qu’il fut vu dans bien des milieux africains comme un autre agent du colonialisme blanc. Il avait reçu de nombreux doctorats (Laval, McGill, Ottawa, Toronto, Alberta, Montréal, Sherbrooke, Memorial, etc.) et distinctions (Ordre du St-Sépulcre de Jérusalem, Ordre souverain de Malte, Légion d’Honneur, Ordre du Canada, Ordre national du Québec, etc.) honorifiques. Il fut aussi légat papal à trois occasions (Lourdes, 1954; Oratoire St-Joseph, 1955; Ste-Anne-de-Beaupré, 1958).

Devise :             IPSA DUCE NON FATIGARIS. APOSTOLUS JESU CHRISTI
Armoiries :        AR 2; HCC 368
Iconographie :   EDM 113
Mandements :    
  • Mandements, lettres pastorales, circulaires et autres documents publiés dans le diocèse de Montréal depuis son érection. v. 21-30, Montréal, 1952-1962.
Œuvres :    
  • Votre dignité, jeunesse: conférence... Montréal, 1943.
  • Sur les pas de Jeanne Mance: l’infirmière catholique et ses attitudes essentielles. Montréal, 195- ?
  • Son Excellence Mgr P.-É. Léger parle aux guides catholiques... Trois-Rivières, 1951.
  • À la gloire de saint Joseph... Montréal, 1954.
  • Les ligues du Sacré-Coeur: leur histoire, leur rôle. Montréal, 1958.
  • Les origines de l’homme: conférence... Montréal, 1961.
  • Responsabilités actuelles du laïcat: conférence... Montréal, 1961.
  • Réflexions pastorales sur notre enseignement. Montréal, 1961.
  • L’évêque et l’unité: sermon... Montréal, 1962.
  • Commentaires sur l’encyclique Mater et Magistra. Montréal, 1962.
  • Remplissez la terre et soumettez-la : familles et nations face aux problèmes de la natalité. Montréal, 1962.
  • La religieuse enseignante aujourd’hui. Montréal, 1962.
  • Chrétiens désunis: lettre pastorale. Montréal, 1962.
  • Au service de l’éducation: responsabilités et problèmes des commissaires d’écoles. Montréal, 1962.
  • Détresse des enfants sans famille: allocution... Montréal, 1962.
  • Dieu est amour: le Foyer de charité. Montréal, 1963.
  • Les portes de la vie au pays du Québec. St-Cloud, France, 1967.
  • Paroles de vie pour le peuple de Dieu. Montréal, 1967.
  • Trente textes du cardinal Léger qui ont marqué l’Église au Concile et au Québec. Montréal, 1968.
  • Je suis un homme, seulement un homme, une parcelle de l’humanité... Montréal, 1971. – 4X20. Montréal, 1984.
  • Un jour à la fois. La mort d’un fils. Homélie...Montréal, 1987 (enregistrement sonore).
  • Le cardinal Léger et l’Oratoire: textes choisis. Montréal, 1997.
Sources :     AP (1967), (1991); APC (1993) 629; BCF (1963), (1965), (1973), (1981), (1986); CE (1953) 33, (1967); CHA 46; COR (1991) 113-114; CWW (1991); EDM 113-121; EEC 74; ECF 208-210; EGC (1968) 15, (1971) 163; (1975) 22; (1991) 423, 457-461; PSS 364-369; page web de l’archidiocèse de Montréal; La Presse, 14, 16, 17, 18, 19, 21 nov., 8, 10 déc. 1991; Le Devoir, 29 avril, 14, 15, 18, 19, 23 nov. 1991

Bibliographie :     on se reportera à la bibliographie compilée par D. Robillard, op. cit. infra, 287 – 292, à compléter par:
  • Légation pontificale de Son Éminence Révérendissime le cardinal PaulÉmile Léger, archevêque de Montréal, aux cérémonies qui ont eu lieu à Lourdes lors de la clôture de l’année mariale, les 6-10 décembre 1954. Montréal?, 1954.
  • Lamoureux, A. Le dernier courrier du Cardinal Léger... Montréal, 1968.
  • Bell, G.K. A man and his mission: Cardinal Léger in Africa. Scarborough, Ont., 1976.
  • Duggan, J. Paul-Émile Léger. Don Mills, Ont., 1981.
  • Lachance, M. Le prince de l’Église: le cardinal Léger. Montréal, 1982.
  • Johnson, A.D. The value of charity: the story of Paul-Emile Léger. San Diego, Ca., 1983.
  • Un bon exemple de charité: Paul-Émile Léger raconté aux enfants. St-Laurent, Qc, 1983.
  • Lachance, M. Dans la tempête: le cardinal Léger et la Révolution tranquille. Montréal, 1986. – « Cardinal Paul-Émile Léger, 1904-1991 », Église de Montréal (1991): tout le numéro du 21 novembre (no 43) lui est consacré.
  • Naud, A, Desbiens, J.-P. « Le cardinal Léger au Concile », L’Analyste (1991-92) 38-46.
  • Robillard, D. Paul-Émile Léger; évolution de sa pensée, 1950-1967. Montréal, 1992.
  • Théorêt, C. En souvenir... Cardinal Paul-Émile Léger, 1904-1991. Outremont, 1992.
  • Thompson, D. Le cardinal Léger, c’est un saint: un aperçu de la vie et de l’oeuvre du cardinal Paul-Émile Léger. Montréal, 1992.
  • Routhier,G. « Les réactions du Cardinal Léger à la préparation deVatican II », Revue d’histoire de l’Église de France (1994) 281-302.
  • Lafontaine, P. Inventaire des archives conciliaires du Fonds Paul-Émile Léger. Outremont, Qc, 1995 ?
  • Naud, A. « Le cardinal Léger au concile et la conduite de l’intelligence chrétienne », dans : L’Église canadienne et Vatican II. Montréal, 1997, 237-263.
  • Hamel-Michaud, S. Histoire d’une retraite prêchée par le père P.-É. Léger... Ancienne-Lorette, Qc, 1998.
  • Routhier, G. « L’évolution d’un Père conciliaire|: le cardinal Léger », Cristianesimo nella storia (1998) 89-147.
  • Lachance, M. Paul-Émile Léger; le prince de l’Église. Montréal, 2000 (édition condensée des deux volumes parus en 1982 et 1986).
  • Lachance, M. Paul-Émile Léger; le dernier voyage. Montréal, 2000.
  • Burigana, R., Routhier, G. «|La conversion oecuménique d’un évêque et d’une Église: le parcours oecuménique du cardinal Léger et de l’Église de Montréal au moment de Vatican II. 1. Les premiers ébranlements. 2. L’engagement résolu », Science et Esprit (2000), 171-191, 293-319.
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Avec l’aimable autorisation de la Maison d’édition Wilson & Lafleur, cette biographie est tirée de : Jean LeBlanc, Dictionnaire biographique des évêques catholiques du Canada : les diocèses catholiques canadiens des Églises latine et orientales et leurs évêques : repères chronologiques et biographiques 1658-2002,  Montréal, Wilson & Lafleur, 2002, 881 p.

ed @ Peter Krasuski Source http://www.sulpc.org/ed/evsulpc_leger.html
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